Durée: 65 min + making of (19 min)
Genre : The cheerleader saves the world.
Réalisateur: Kanzo Matsuura
Avec: Yui Akamatsu.
Quand ZEN PICTURES créa sa filiale COSMORE et la collection GRAVURE HEROINE , leur idée était de lancer toute une série de
super-héroïnes incarnées par des "gravure idoles", comprenez des mannequins plus habituées à poser en maillot de bain
(voire sans maillot de bain) qu'à se battre ou à jouer la comédie. Par conséquent, la plupart des films de cette collection
ont un scénario aussi minimaliste que les tenues de combat des héroïnes, lesquelles se résument souvent à un simple bikini.
Parmi les bonnes surprises de la collection, on trouve MARIONNETTE SOLDIER.
Maiko Motoshiro est une lycéenne ordinaire qui, du jour au lendemain, est promue par la directrice de son lycée:
A)Déléguée de classe? Non.
B)Capitaine des cheerleaders? Non plus, bien que la tenue prête effectivement à confusion.
C)Obi-Wan Kenobi? Très drôle...
D)Super-héroïne chargée de protéger le monde contre les forces du mal en général et contre Médusa en particulier?
Bonne réponse!
Je vais faire de toi une super-héroïne, mais ce sera notre secret, d'accord?
Dur, dur, l'entraînement d'une super-héroïne!
Et une petite partie de ballon-prisonnier pour finir.
Woups! J'y suis peut-être allé un peu fort!
Et notre jeune héroïne, rebaptisée "Cutie Soldier", s'en va combattre les forces du mal, armée de son cutie-rod et d'une
tenue de combat aussi fonctionnelle que minimaliste, comprenant notamment des chaussures qui lui donnent beaucoup de mal
pour courir.
Les soldats de Médusa : de drôles de zèbres !
Je suis le méchant et je vais tuer la gentille!
En garde !
Cutie Final Beam !
Mwah! Ah! Ah! Même pas mal-euh!
Woups! Là, je suis mal!
Argh! Que je souffre!
Ca te fait rire? Tu sors!
Evidemment, sitôt la bagarre de rigueur terminée, Maiko se retrouve prisonnière de Médusa dont elle va enfin découvrir la
véritable identité. Et c'est là que se situe l'originalité du scénario, car Médusa n'est autre que la directrice du lycée,
passablement dérangée, qui s'amuse à créer des super-héroïnes pour le seul plaisir de les détruire ensuite. De là à voir en
Médusa une projection des scénaristes de ZEN, il n'y a qu'un pas de fourmi!
Médusa, qui a beaucoup de mal à s'exprimer autrement qu'en hurlant,
et son fidèle second, Madora, alias "L'Homme Au Rire De Hyène".
Les mêmes, en civil.
- Tu es sûre que Maiko ne va pas nous reconnaître si on met des lunettes?
- Mais oui! Ca marche bien pour Superman!
(Et heureusement pour eux, Maiko n'est pas plus physionomiste que Lois Lane.)
Maiko a beau être bien décidée à venger les précédentes victimes de Médusa, elle a malheureusement plus de chances d'ajouter
son nom à la liste, Médusa ayant pris la précaution de piéger son costume, mais aussi celui de ses propres soldats, au cas où
l'un d'eux aurait l'idée de la trahir.
- Traître! Meurs!
- Aaaaaaaargh!
Noooon! Pas les vers perforants!
La torture au pinceau, c'est bien plus rigolo que la torture à l'eau!
Heureusement, comme d'autres Gravure Heroines avant elle, Maiko sera sauvée in extremis par un deus ex machina qui lui
laissera tout juste le temps de porter le coup de grâce à Médusa avant le générique de fin. La conclusion tranche cependant
avec la production ZEN habituelle: ici, pas de séquence "happy end" ou de speech de fin sous forme de monologue intérieur;
juste l'héroïne qui s'éloigne silencieusement, sans la moindre manifestation de joie, contrastant nettement avec sa
personnalité enjouée et insouciante du début, comme une manière de montrer que si elle a remporté la victoire, elle a perdu
son innocence dans l'histoire.
Médusa est désespoir! Médusa est colère! Médusa est mauvaise actrice!
S'il respecte le cahier des charges de la collection GRAVURE HEROINE (présentation de l'héroïne et de ses adversaires,
combat, capture, torture, évasion, combat final, victoire, générique), MARIONNETTE SOLDIER bénéficie cependant d'une
histoire un peu plus élaborée et mouvementée que les autres films de la collection. On regrettera que, alors que la
révélation de la véritable identité de Médusa aurait pu constituer un excellent twist, elle est révélée dès le résumé au dos
de la jaquette! De toute façon, la duplicité du personnage est largement sous-entendue dès sa première apparition. On
retrouve (hélas!) souvent ce défaut quand un personnage d'un film de ZEN doit jouer un double-jeu. Concernant l'actrice
principale, Yui Akamatsu, si son charme fait l'unanimité, ses talents d'actrice laissent un peu à désirer; mais,
paradoxalement, cela colle plutôt bien au côté "innocent" de son personnage. Pour ce qui est de ses talents de combattante,
elle fait alterner des scènes de combat tout à fait correctes et d'autres qui font vraiment: "je tape tout doucement parce
que j'ai peur de blesser mon partenaire". Pour finir, signalons que ses deux soeurs sont également des Gravure Idoles et que
l'aînée, Kei, avait elle-aussi tourné dans un film de ZEN: TRITIA.
La mise en scène selon Zen Pictures, leçon 1 : toute scène où l'héroïne est au premier plan
et vue de dos devra être cadré au niveau de son derrière (également appellé "plan o-shiri").