Durée: 1 h 03 + making of (12 min)
Genre : Femme-corbeau au corps beau
Réalisateur: Eiji Kamikura
Avec: Rika Fujii, Yukari Ouno.
Les gens de ZEN PICTURES sont de fins renards: avec leurs films de super-héroïnes, ils sont sûrs d'attirer aussi bien les
féministes qui aprécient les personnages féminins forts remettant les super-vilains à leur place à grands coups d'atemis
dans la figure, et les otakus qui se régalent de leurs tenues sexy et des nombreuses scènes de péril qui émaillent leurs
aventures. Mais attention, car il arrive parfois que le spectateur par la bande-annonce alléché se retrouve devant un navet
bien soporifique, jurant (dans tous les sens du terme), mais un peu tard, qu'on ne l'y reprendra plus. Qu'en est-il de ce
LADY CROW? Le corbeau est-il un nanar, ou bien son ramage se rapporte-t-il à son plumage? Et bien, si LADY CROW n'est pas
le phénix des DVDs de cette boîte, sa vision en vaut bien le péage, sans doute.

Deux amies d'enfance, Mai (Yukari Ouno) et Akira (Rika Fujii), se retrouvent après une longue séparation. Leurs
retrouvailles sont cependant perturbées par un voyou qui agresse Mai. Combattante aguerrie, Akira met rapidement hors de
combat l'agresseur qui est aussitôt abattu par un sniper. Mai résume rapidement les derniers événements à Akira (Ca évite de
filmer les scènes correspondantes): je suis devenue journaliste – stop – un ami m'a confié des documents sur le politicien
Mikimoto – stop – l'ami a disparu sans laisser de traces – stop – des tueurs à la solde de Mikimoto me poursuivent pour
récupérer les documents – stop.
Les bonnes.
La brute.
Le truand.
Akira devient donc la garde du corps de son amie et se charge de repousser ses agresseurs, jusqu'à ce que Mikimoto lui-même
entre en scène. Ce dernier possède deux personnalités: une maléfique et une encore plus maléfique, baptisée "Zeus", qui
s'exprime avec une voix différente qui n'est pas synchro avec le mouvement de ses lèvres (connaissant les méthodes de
tournage de ZEN PICTURES, je ne serais pas surpris que le comédien se soit contenté de remuer les lèvres tandis que le
"voice-actor" récitait son texte à côté du caméraman). Doté d'une force surhumaine, Zeus tue Akira avant d'enlever Mai.
Une posture de combat vraissemblablement destinée à déconcentrer l'adversaire.
Zeus a le pouvoir de frapper ses adversaires à distance.
Mélomane, il aime jouer au chef d'orchestre en écoutant "La Chevauchée Des Valkyries".
(On échappe cependant à un cliché: il n'y a aucun hélicoptère dans cette scène)
Akira se retrouve aux portes de l'au-délà, qui se résument à un fond noir avec de la fumée et une grande lumière. Là, le
dieu Hadès lui apparaît sous la forme d'une voix-off et lui tient à peu près ce langage: "je te ramène à la vie si tu me
promets de tuer Zeus."
- C'est très surfait, l'au-delà, finalement.
- Mais non, c'est juste le hall d'entrée, là.
Akira accepte le marché et le film, qui avait débuté comme un thriller avant de virer progressivement au fantastique avec
les pouvoirs de Zeus et la scène dans l'au-delà, va se transformer, dans sa deuxième moitié, en film de super-héros,
puisqu'Akira revient dans le monde des vivants, vétue d'un uniforme emprunté aux GATCHAMEN et désormais surnommée "Lady
Crow, messagère des ténèbres", tandis que Zeus va lui-aussi adopter un look super-héroïque pour la combattre. Lady Crow,
sur ses talons-aiguilles perchée, réussira-t-elle à vaincre Zeus et à délivrer Mai? Ou bien cette prise de bec sera-t-elle
son chant du cygne?
- Qui es-tu?
- Crow. Messagère des ténèbres, Lady Crow.
(Si, si, c'est comme ça qu'elle se présente)
La trainée bizarre, à gauche, c'est Lady Crow qui se déplace à super-vitesse.
Zeus sous sa véritable apparence.
Tu vas subir mes foudres, Zeus!
Je vais te voler dans les plumes, Lady Crow!
Après ce résumé, même ceux que le titre n'avait pas fait tilter auront compris que ce film est inspiré par THE CROW, mais
aussi par SKY HIGH, sauf que le gardien de l'au-delà n'est plus Yumiko "Princess Blade" Shaku, mais une voix off masculine
(c'est clair qu'on perd au change). Pour le reste, on retrouve la recette classique des films ZEN, avec l'alternance de
scènes de combat et de tortures pour nos deux héroïnes, mais l'ensemble reste de bonne facture.
Le clou du film: cette séance d'acupuncture.