Durée: 58 min + making of (7 min)
Genre : Super-Ninjette contre Homme-Piaf.
Réalisateur: Masayoshi Shiki
Avec: Ayumi Onodera (Tsukikage), Giichi Ishii (Sorakage), Ryo Nakano (Yamakage),
Yohichi Miura (Dango Mushi), Kazuhiro Uchima (Kimensai), Juri Ishii (Kasumi Tôdô), Susumu Fubuki (Heihachi Tôdô),
Kodama Action Team (Ninjas).
Tout Français ayant vu au moins un épisode de série Japonaise de super-héros, et ce
quelle que soit l'époque à laquelle elle a été faite, sait à quel point ces séries, même si elles sont nettement moins
creuses qu'on pourrait le croire, peuvent paraître kitsch au public non-japonais. Hé bien, figurez-vous qu'à côté de studios
tels que Toei ou Toho, qui bénéficient de moyens colossaux pour réaliser ces séries, il y a aussi des petits studios
indépendants, mettant en scène leurs propres super-héros, le plus souvent sous forme de direct-to-DVD, avec des moyens
dérisoires mais une évidente bonne volonté. C'est le cas des très prolifiques Zen Pictures, auteurs de Kagerion.

Kagerion se compose de deux membres masculins: Sorakage (Ombre du ciel) et Yamakage (Ombre de montagne, logique vu sa
carrure). Leurs costumes sont largement inspirés de ceux des Ninja Captor, héros d'une série de 1976, et il va de soi que
ces costumes, déjà assez kitsch pour le public occidental de l'époque, ont pris un sacré coup de vieux. De plus, les deux
acteurs sont visiblement quadra- voire quinquagénaires. Alors, quand on vous annonce que ce sont ces deux types qui vont
sauver le monde, vous vous dites qu'on est vraiment mal barrés! Ceci-dit, les deux acteurs sont bons combattants et on n'a
donc pas besoin de recourir à la suspension d'incrédulité quand ils se battent.
C'est moi Laurel.
C'est moi Hardy.
Et puis, il y a LE membre féminin de Kagerion, la véritable héroïne du film, la jeune et jolie Tsukikage (prononcez
"Tskikagué", c'est pas aussi facile que ça en a l'air), dont le nom signifie "Ombre de lune". Le costume est nettement plus
joli que ceux de ses collègues masculins et est une création originale. Coïncidence? Elle a la même coiffure que Shadow, la
femme ninja de la superbe collection de poupées "Cy-Girls".
WAHOOOOO!!!!!
Vu le côté monolithique du personnage, on peut se demander si son interprète, Ayumi Onodera, est une excellente comédienne
faisant exprès d'être aussi peu expressive, ou une mauvaise ayant bénéficié d'un casting judicieux (L'ayant vu dans d'autres
films, j'opte pour la première option). J'ignore si elle avait de l'expérience dans le combat à l'épée avant ce film
(apparemment, non) mais elle est très convaincante dans les scènes de combat, même si elle est (rarement) doublée pour les
scènes les plus acrobatiques. D'ailleurs, et c'est assez rare dans ce genre de production pour mériter d'être souligné, la
doublure est ressemblante et on ne la reconnaît qu'à cause… des différences vestimentaires!
Le jeu des 7 différences.
Et enfin, le quatrième larron: Dango Mushi. Là, j'avoue que je n'ai pas compris (et les héros non plus, apparemment) qui
c'était. En fait, je devrais même carrément dire que je n'ai pas compris CE QUE c'était. Ce nabot ricanant et édenté passe
son temps à apparaître et disparaître pour, selon les cas, attaquer l'héroïne, lui sauver la vie, ou ne pas lever le petit
doigt pour elle.
Et l'Oscar du personnage le plus improbable est attribué à…
Leurs ennemi juré est Kimensai, chef du Parti du Darma de Sang (avec un nom pareil, étonnez-vous que personne ne vote pour
eux aux élections), dont le but est de renverser le gouvernement Japonais.
Kimensai, ce qu'on pourrait traduire par "pareil au visage du Diable", tout un
programme!
Le Ninja Oiseau. Son hobby: faire des moulinets avec son bâton.
Les Ninjas. Notez l'astuce des masques qui permettent d'éviter qu'on se rende compte
que l'"armée ninja" ne compte en fait qu'une demi-douzaine de cascadeurs.
La scène d'ouverture montre Tsukikage secourir un jeune homme agressé par un groupe de ninjas. Le lendemain, c'est l'épouse
de celui-ci qui est à son tour attaquée et sauvée par l'équipe de Kagerion au complet.
La nuit, les rues du Japon ne sont pas sûres.
Wonder Woman avait ses bracelets pare-balles, Tsukikage a ses bracelets pare-katanas.
Sans parler de sa botte secrète!
Bonsoir, je viens pour vous mettre la main aux fesses.
Je vous avais prévenue.
Le jour non-plus, les rues du Japon ne sont pas sûres.
Ninpou Sentai Kagerion! (Il a fallu retourner la scène, suite à une crise de fou-rire
du caméraman... On se demande bien pourquoi.)
Je suis pas trop en retard?
Vous dérangez pas pour moi, je fais que passer.
La jeune femme, Kasumi Tôdô, est en réalité une descendante du shogun Tokugawa et la seule à connaître la cachette du
Mashin (coeur maléfique), une épée légendaire qui transforme son possesseur en un guerrier quasi-invincible. Bien entendu,
c'est cette épée que convoite le chef des ninjas, Kimensai. Tandis que Yamakage et Sorakage mènent l'enquête, Tsukikage
tape l'incruste chez les Tôdô. Bien lui en prend, car un groupe de ninjas s'introduit dans la maison et tente de la tuer.
Ca doit être pour ça qu'elle s'appelle "Ombre de LUNE". (Ah, vous vous demandiez quand
j'allais oser la faire, celle-là, hein?)
Téléportation ninja! (Ca surprend toujours, la première fois.)
Toute une scène de douche sans un seul plan-nichon!?! Remboursez!!!
De toute façon, elle prend sa douche habillée.
Te retourne pas, mais je crois qu'on est suivis.
Vieille ruse ninja.
Trois ninjas armés jusqu'aux dents terrassés par une frêle jeune fille supérieure en
nombre.
Obéissant à une logique propre aux slashers, le couple Tôdô s'enfuit, non pas vers le commissariat le plus proche, mais sur
le toit de l'immeuble. Et ils s'étonnent de s'y retrouver cernés par les ninjas! Tuskikage tente de les aider mais le Ninja
Oiseau réussit à la battre grâce à une ruse déloyale.
Boire ou combattre les forces du mal, il faut choisir.
J'y va-t-y ou j'y va-t-y pas?
On enchaîne sur une séquence de 12 minutes (j'ai chronométré!), durant laquelle Tsukikage subit diverses tortures. Ca ne
fait absolument pas avancer l'intrigue, mais ça a sûrement dû faire très plaisir au scénariste. Par contre, même les
spectateurs les plus pervers risquent de trouver le temps long, tout en riant comme des baleines à chaque fois que l'héroïne
gémit de douleur alors que les coups de fouet s'arrêtent à deux bons mètres d'elle. Chochotte, va!
Oh, ça va, je l'ai même pas touchée.
Je pourrais faire plein de jeux de mots avec "électricité", "éclair" ou "courant",
mais j'ai la flemme.
Au bout d'un moment, le scénariste se dit que c'est pas le tout de rigoler, mais qu'il y a une intrigue à conclure. Les
ninjas partent donc à la recherche du Mashin, tandis que l'un d'entre eux reste pour surveiller Tsukikage. Il tente bien
d'en profiter pour lui faire des choses que la morale réprouve (mais c'est un méchant, alors la morale, lui, vous savez…)
mais un coup de sabre bien placé le coupe dans son élan. Tsukikage est tellement contente d'être délivrée qu'elle ne demande
même pas à ses amis comment ils l'ont retrouvée (Dommage, j'aurais bien aimé savoir, moi). Là-dessus, le gugusse de service
réapparaît et, après un petit speech (leur indiquant, je suppose, où se trouve Kimen Hitoshi), part dans une direction avant
de sortir par une porte située… dans la direction opposée! Le comble, c'est que vu la réaction de Kagerion, c'était
probablement voulu par le réalisateur! Encore une vieille ruse ninja, je suppose.
Mesdames, Messieurs, pour la première fois sur vos écrans: le faux-faux raccord.
Re-téléportation ninja!
Entre temps, aidé par un tatouage dans le dos de Kasumi (Elle pouvait pas le montrer à Kagerion, non?), Kimensai a retrouvé
le Mashin. Lui et ses hommes célèbrent leur victoire en entonnant un concert de rires machiavéliques, interrompu par
l'arrivée de Kagerion. Pendant que ses collègues tiennent Kimensai et ses hommes à l'écart du Mashin, Tsukikage règle ses
comptes avec le Ninja Oiseau.
J'en ai plein le dos, de cette chasse au trésor!
Toi, je vais te voler dans les plumes.
Mais Yamakage ne résiste pas à la tentation de se saisir du Mashin et se transforme en un monstre qui s'attaque aussi bien à
ses ennemis qu'à ses alliés. Kimensai adopte "l'efficace tactique dite du 'lièvre'" (comme disait Goscinny) et Tsukikage se
retrouve seule pour combattre ce redoutable adversaire.
ILM n'a qu'à bien se tenir.
Après que tout soit rentré dans l'ordre, nous retrouvons Tsukikage, en civil, se retrouvant face à un des Ninjas de Kimensai
et le film se termine au moment où elle revêt sa tenue de combat, un texte en Anglais de cuisine nous annonçant une suite…
qu'on attend toujours.
Le costume marin: un summum du fétichisme, au Japon.
Mes tamorphoses!
Il m'a fallut beaucoup de temps pour comprendre qu'ils voulaient en fait dire "NEXT time".
En voyant ce genre de film, on est partagé entre une certaine hilarité devant le côté fauché
du film et les nombreuses erreurs de raccord, et une certaine sympathie pour l'indéniable bonne volonté des auteurs.
L'intrigue simpliste et déjà vue (empêcher les méchants de s'emparer d'un objet magique qui leur garantirait la conquête du
monde) n'empêche pas le film de se laisser regarder sans s'ennuyer (à part pendant la scène de torture, trop longue et
dispensable), en particulier grâce aux scènes de combat de bonne facture, les interprètes des trois héros ne déméritant pas
face à leurs adversaires, cascadeurs professionnels. Bon nombre de scènes étant tournées dans des décors naturels, on
remarque une particularité du comportement nippon: il n'est pas rare que des "figurants involontaires" passent dans le champ
de la caméra et continuent leur chemin sans même sembler remarquer la dizaine de guignols costumés se bagarrant devant
deux-trois caméramans! Il n'y a qu'à voir les attroupements dès qu'un journaliste filme quelque chose pour le JT pour
comprendre combien ce comportement est différent du notre.