Durée: 50 min + making of (33 min)
Genre : Totally dejanted spies
Réalisateur: Kenta Hoshi.
Avec: Mami Matsuyama (Mika), Rena Fujii (Runa), Megumi Komatsu (Nyaluticia), Atsuko
Kurosu (Yaiko), Risa Shiragawa (Golden Papillon), Haruka Oba (Haruka), Ai Hazuki (Ai)
Bien qu'il serait totalement faux de réduire le cinéma japonais à ce genre de film, il faut bien reconnaître que les plus
beaux fleurons du film déjanté nous viennent de l'Archipel. Après avoir vu un crabe géant gardien de but, un policier
combattant le crime à coups de moumoute, ou encore un robot géant catcheur et fumeur de cigare se déplaçant en mercedes
géante, on pourrait craindre d'être blasé; et pourtant, à chaque fois qu'on pense avoir enfin vu l'insurpassable en matière
de portnawak assumé, on découvre un nouveau film qui pulvérise le précédent record. Dernier recordmovie en date: BODYCON COP.
Nous sommes dans un futur proche et le Japon, après une ère de prospérité, connait une grave crise économique, avec hausse
du chômage et de la criminalité. Débordée, la police japonaise a dû créer une section spéciale pour s'occuper des affaires
les plus difficiles: les Bodycon Cops.
C'est écrit noir sur blanc (ou plutôt le contraire) à l'entrée de l'immeuble:
1000e étage: Base
SECRETE
des Bodycon Cops.
Un QG à l'ambiance très boîte de nuit.
Très très boîte de nuit.
"Bodycon" vient de l'Anglais "body conscious" et désigne des tenues particulièrement sexy. Les Bodycon Cop sont donc des
femmes policières combattant le crime en robe moulante pare-balle, avec des gadgets tous plus improbables les uns que les
autres: bracelet-laser, éventail lance-flamme, talon-aiguille-taser... Mais regardons leurs membres de plus près:
Mika, la policière d'élite qui se la pète. 24 ans.
Runa, la virtuose de l'informatique. 14 ans et 200 de QI.
Nyaluticia, la médium fan d'anime. 20 ans et 2 ans de QI.
Et enfin, leur supérieure, Yaiko, avec son esclav... Euh... Assistante, Shizuka.
Leur nouvelle mission: élucider une série de disparitions dans des toilettes d'entreprises.
Runa cherche des indices sur internet.
Nyaluticia a trouvé la parade.
Et Mika sert d'appât.
Leur enquête les conduit jusqu'au Club Golden, une énième organisation maléfique à but de conquête mondiale, composée de
Golden Papillon et de ses deux assistantes, Ai et Haruka, toutes trois adeptes de la magie noire, ainsi que du Dr Goldenboy,
un ordinateur en forme de boule flottante.
Le QG du Club Golden.
Golden Papillon, en pleine crise de rire démoniaque.
Ai et Haruka, qui portent les mêmes prénoms que leurs interprètes.
Dr Goldenboy, Je présume?
Leurs sbires ont la possibilité de se métamorphoser en CGI foireux.
Quand à la responsable des disparitions, il s'agit de Banbaba, une vieille femme aigrie que le Club Golden a corrompue en
échange d'une seconde jeunesse (comprendre que l'actrice a simplement enlevé sa perruque grise) et que son mari tente
désespéremment de ramener à la raison.
Banbaba et son mari auraient-ils retrouvé la valise de Marcellus Wallace?
Inside The Actor's Studio avecBanbaba.
Une méchante aux langues bien pendues.
Un moyen de transport peu connu: le corbeau.
Mais pourquoi est-elle si méchante? La réponse en flashback storyboardé!
J'ai dit plus haut que "Bodycon Cop" battait tous les records en matière de film débridé (pardon pour le mauvais jeu de
mot), mais j'étais en dessous de la vérité: notre cerveau a à peine le temps d'assimiler la réalité de la scène que l'on
vient de visionner que le film enchaîne sur une autre encore plus déjantée! Les quelques caps que vous avez vues ne
représentent que la partie émergée d'un iceberg assez gros pour couler six Titanics!
C'est à partir de cette scène-là que j'ai renoncé à savoir à quoi carburait le scénariste.
Visuellement, par contre, c'est une grosse déception. Les CGI sont vraiment cheaps, un peu supérieurs à ceux d'une
production ZEN, mais très en dessous des séries toku actuelles. Le pire, ce sont les omniprésents mais rarement justifiés
fonds psychédélico-numériques: noir pour le QG des Bodycon Cop, doré pour celui du Club Golden et multicolore pour
les autres scènes.
Avec "Bodycon Cop", on n'a plus besoin de LSD!
La femme sans ombre: phénomène physique méconnu ou incrustation ratée?
De même, si vous aimez le tokusatsu pour ses scènes d'action, vous pouvez passer votre chemin. Non seulement les combats
sont rares, mais ils suivent une narration: champ = un personnage donne un coup dans le vide / contre-champ = son
adversaire esquive un coup invisible, le tout filmé très vite pour être sûr qu'on n'y comprenne rien.
- PAF!
- Ah! Ah! Ah! Manqué!
Malgrè ces gros bémols concernant la forme, "Bodycon Cop" assure un bon moment de détente et de rigolade pourvu qu'on
apprécie ce style cinématographique. Une question reste cependant en suspens: qu'est-ce que les Japonais vont inventer, la
prochaine fois, pour surpasser ça?
Rhaaaaa!!! Ma vengeance sera terriiiiiible!!!